Louis Étienne Delille Reboul : un prêtre hors du commun II

La fondation de la Ville de Hull 

      En 1866, Louis Reboul se met à la tête des citoyens  du village de Hull pour réclamer l’ouverture de rues, la construction de chemins et de ponts. En 1868, il prône la séparation du village et du canton de Hull aux fins municipales. En organisant la paroisse Notre-Dame, il met en place une structure qui facilitera la fondation de la « cité de Hull » en 1875. Puis, il entreprend des démarches pour doter Hull d’une charte municipale.

       La Ville de Hull fondée, Reboul continue à s’intéresser aux affaires municipales et n’hésite pas à s’engager quand il estime son intervention nécessaire. On fait d’ailleurs souvent appel à lui pour régler des questions épineuses. Un certain nombre de citoyens hullois dont Ezra Butler Eddy, le docteur Graham et, croit-on, Alonzo Wright, avaient réussi à modifier, en catimini, la charte municipale au mépris des intérêts de la population hulloise. Ayant pris connaissance de cette machination, le père Reboul n’hésite pas à en informer le premier ministre du Québec, Charles-Eugène de Boucherville, et à demander justice. Il réussit à faire partager ses convictions par le nouveau conseil municipal qui, après avoir corrigé la charte, délègue les conseillers Charles Delude et Narcisse Trudel, de même que le père Reboul, auprès du gouvernement québécois pour faire adopter les amendements.Eglise ndg 001

       Bien que les affaires municipales, scolaires et sociales prennent la majeure partie de son temps, Louis Reboul ne désintéressera jamais des hommes de chantiers qu’il continue à visiter tous les hivers, pendant deux à trois mois. À partir de l’automne 1876, il souffre de plus en plus souvent de violents maux de tête. Cela ne l’empêche toutefois pas d’entreprendre, le 8 janvier suivant, sa 24e campagne de mission des chantiers. Après la visite d’un 43e chantier, il tombe si gravement malade qu’on doit le ramener en toute hâte à Mattawa (Ontario) où il expire quelques jours plus tard, soit le 2 mars 1877.

La mort de Reboul

          Dès que sa mort est connue, toute la population du village de Mattawa vient lui rendre un dernier hommage. Une foule immense accueille à Ottawa la dépouille de Reboul puis, accompagne les restes du prêtre précédés par la fanfare de Hull qui joue des airs funèbres. Le char s’arrête devant l’église Saint-Jean-Baptiste où le curé de la paroisse chante un libera solennel. Puis, le cortège funèbre reprend sa marche escorté par une compagnie de voltigeurs. Enfin, le cortège défile dans les rues de Hull où on entend les cloches de l’église Notre-Dame pleurer la mort du fondateur de la paroisse. À mesure que la procession avance, la foule recueillie, pressée sur le bord des rues et même montée sur le toit des maisons, ne cesse de croître.

       À l’église de Hull, Mgr Eugène Duhamel, évêque d’Ottawa, qui prononce l’oraison funèbre de Reboul s’écrie : « Citoyens de Hull, vous n’oublierez jamais qu’il a été, je le dirai, le premier et le plus actif parmi ceux qui ont travaillé à la fondation et au progrès de votre jeune cité. » Enfin, on inhume le corps de Reboul dans l’église qu’il a lui-même construite. Son corps sera par la suite tranféré au cimetière Notre-Dame, boulevard Fournier, à la suite de la conflagration qui détruit l'église en 1888.

Sources 

BRAULT, Lucien, Hull 1800-1950, Ottawa, Les éditions de l'Université d'Ottawa, 1950.
CARRIÈRE, Gaston, Louis Reboul, o.m.i., 1827-1877, organisateur de la vie religieuse à Hull, Ottawa, Les éditions de l'Université d'Ottawa, 1959.