Généalogie

Les billets de cette catégorie concernent plus particulièrement les sujets liées à la généalogie.

Records de mariages et d'enfantements

          Au Québec, nous faisons peu d'enfants. Ça n’a pas toujours été le cas. Il y a moins de 50 ans, une famille standard comptait 4 enfants, et il y a 75 ans, elle en comptait 7. Au XIXe siècle, le gouvernement donnait une terre à la famille qui comptait 12 enfants vivants. Aujourd’hui, les familles comptent en moyenne moins de 2 enfants (1,4), et pourtant, jamais elles n’ont été aussi riches. Ce n’est donc pas une question d’argent.

          Quelle est la femme qui a donné naissance au plus grand nombre d’enfants ? J’avoue que je ne le sais pas. Mais, dans ma famille, j’ai un cas assez intéressant. Il s’agit de Marie Délia Rancourt, la seconde épouse de mon arrière-grand-père, David Turgon, qui a eu 24 enfants dont 23 viables ! Elle avait 15 ans à la naissance de son premier enfant et 42 à celle de son dernier. Elle est morte en 1966 à l’âge de 81 ans à Astorville, dans le Moyen-nord ontarien.Turgon david famille

          Vingt-quatre enfants, c’est loin d’un record. Parce que, voyez-vous, une certaine madame Bernard Scheinberg (Autriche) aurait eu… 69 enfants ! Elle est morte à l’âge de 58 ans. Son mari s’est alors remarié et a eu 18 enfants de sa seconde épouse. Apparemment, une Russe aurait encore fait mieux. En effet, madame Fiodor Vassiliev aurait eu 69 enfants en 27 grossesses : 4 fois des quadruplés, 7 fois des triplés et 16 fois des jumeaux.

          Évidemment, les hommes peuvent engendrer plus fréquemment que les femmes. Mais qui en a légitimement fait le plus au Québec ? Il semble que ce soit Pierre Lepage (1872-1948) de Montréal qui en aurait conçu officiellement pas moins de 42, dont 39 viables, avec 3 épouses différentes. En Outaouais, on dit que la palme revient à Jean-Baptiste Groulx, de la paroisse du Très-Saint-Rédempteur de Hull, qui aurait conçu 35 enfants au cours d’une vie ponctuée par 3 mariages. Il est mort en décembre 1910, à Hull, à l’âge de 68 ans.

          N’ayez crainte, Jean-Baptiste Groulx n’est pas mort épuisé à la tâche. La preuve en est que d’autres en ont fait plus que lui. Parmi ceux-ci, le célèbre écrivain Alexandre Dumas, père, a prétendu avoir procréé pas moins de... 250 enfants ! Des historiens soutiennent cependant que le romancier avait tendance à exagérer ses exploits et qu’il n’en aurait fait qu’une petite... centaine à ses 34 maîtresses ! Ce qui peut nous sembler un record a été battu, et de loin, par le sultan Abou al-Hasan (XIVe siècle) qui, lui, aurait conçu 1 862 enfants. Difficile de faire plus, non ? Heureusement, le romancier Georges Simenon a créé plus qu’il n’a procréé, lui qui s’est vanté d’avoir couché avec... 10 000 femmes au cours de sa vie !

          C’est bien beau de faire des enfants, encore faut-il être deux. Qui a eu le plus grand nombre de conjoints « légaux », et dûment consignés au Canada-Français et sans avoir divorcé ? Il s’agirait de Pierre Vandal (1859-1948), né à Saint-Simon, comté de Bagot, du mariage de Narcisse Vandal avec Marie Arpin. Ce Québécois a convolé 8 fois en justes noces ! Ce qui est encore plus étonnant, dans ce cas là, c’est que Vandal a vécu 19 ans avec sa première épouse, Emma Boudreau, et qu’il est resté veuf... 21 ans après la mort de la deuxième ! Il est mort à l’âge de 89 ans, enterré par sa dernière épouse, Mina Pilotte.

Georges simenon          Chez les femmes, il semble bien que ce soit Anne Jousselot qui a eu le plus grand nombre d’époux : 5. Née vers 1759 du mariage de Pierre Jousselot avec Ozanne Drapeau, elle a pris époux une première fois en 1677 et une dernière fois en 1725. Elle est morte à l’âge de 83 ans, ce qui est plutôt bien pour l’époque ! Évidemment, nous sommes loin du roi Salomon qui aurait eu, dit-on, mille épouses ou concubines !

          N’est-ce pas le Tout-Puissant qui dit un jour : « Il n’est pas bon que l’homme vive seul » ? Mariage et remariage entraînent parfois des situations complexes. Prenons, pour exemple, la famille de Toussaint Minville, dont les 3 épouses lui ont donné pas moins de 19 enfants. Ce personnage, qui a d’abord vécu dans les Deux-Montagnes, s’est installé dans les années 1860 dans l’Est ontarien, plus précisément à Saint-Eugène-de-Prescott. Il s’était marié une première fois en 1849, une deuxième fois en 1864 et une troisième fois en 1877. Alors qu’il a 50 ans, sa 3e épouse, Octavie Beaulne, en a elle 28. Mais le plus intéressant est qu’Octavie est la sœur des épouses de deux des fils de Toussaint ! Une de ses sœurs étant devenue veuve, elle épousera un troisième fils de Toussaint : Le père et trois fils mariés aux trois sœurs Beaulne.

Sources :

BMS 2000
Documentation personnelle.
Le Temps (Ottawa), 16 décembre 1910.
Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, vol 27, no 3, p. 173.
TANGUAY, Cyprien, À travers les registres, p. 122.

À la recherche d'une identité

Saviez-vous qu’après le sexe, la généalogie est le sujet le plus populaire sur Internet ? Quand on pense que, sans le sexe, nous n’existerions pas et, par conséquent, la généalogie non plus. Mais si on comprend pourquoi le sexe est si populaire plusieurs se demandent pourquoi la généalogie prend autant de place sur Internet. Sans doute tentons-nous, inconsciemment peut-être, de répondre à trois questions existentielles que l'humanité se pose depuis des millénaires : D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?

 

Et ces questions n’ont jamais été aussi importantes qu’en ce début de XXIe siècle, car tout change maintenant à un rythme effréné, ce qui fait qu’il est de plus en plus difficile de se faire des racines, de s’attacher ou de s’identifier à un lieu. Par exemple, pour une personne vivant à Deschênes depuis une trentaine d’années, son milieu de vie municipal en est à son troisième nom : Deschênes, Aylmer puis Gatineau (on peut dire la même chose de Janesville-Eastview-Vanier-Ottawa et de combien d’autres municipalités…) Ajoutons les multiples autres changements de noms, ceux des hôpitaux par exemple : Hôpital du Sacré-Cœur, CHRO, CHVO et ne parlons pas des commissions scolaires, des CLSC, etc. Même les biblios changent de nom à un rythme foudroyant, par exemple : la bibliothèque de Gatineau est devenue la bibliothèque Avenor, puis Bowater et maintenant Guy-Sanche. Tout ça en une douzaine d’années ! Difficile de se retrouver dans un monde gouverné presque essentiellement par le changement et des valeurs économiques, n’est-ce pas ?

 

Or, on ne peut pas vivre, comme individu, sans s'inscrire dans une lignée, une tradition et un groupe. On est de quelque part et le déracinement ainsi que la mobilité sociale ne font, paradoxalement, que stimuler ce désir de se rattacher à un lieu.

 

D'OÙ VENONS NOUS ?

 

Sur l'arbre de chacun de nous se trouvent perchés, souvent côte à côte, l'ouvrier et le paresseux, la sainte femme et la courtisane, le savant et l'idiot, le curé et le criminel, le notaire et le bourreau. Il n'y a pas de petits rôles dans la comédie humaine. Ne dit-on pas que ça prend de tout pour faire un monde?. Mathieu, l'évangéliste, qui connaissait les Écritures comme personne, nous fait découvrir des personnes peu recommandables dans son énumération des ascendants de Jésus : Thamar l'incestueuse, Rahab la prostituée, Bethsabée l'adultère. Et comme l'a si bien écrit Henri Guillemin : « C'est ainsi, et c'est très bien. Car Jésus-Christ a voulu appartenir au monde tel qu'il est, y compris les coupables. »

 

Wilfrid Raby, chercheur en neuropsychologie à Cleveland, a écrit que : « Nous sommes les récipiendaires d'un terreau génétique d'où peut surgir toute la splendeur de la culture comme toute la souffrance de vivre. »

 

La psychanalyse, toujours en recherche d’explications nouvelles à nos souffrances internes et à nos comportements, découvre petit à petit que des secrets que nous ignorons complètement peuvent nous imprégner et dicter nos conduites à notre insu. Sans rien savoir de ce qui nous a précédé, nous pouvons reproduire les actes, les pensées, les maladresses, les gestes parfois mortels.

 

          L'étude de la généalogie montre que la vie est très complexe. Chacun de nous doit son apparence physique, son comportement psychologique même, au mélange des gênes de milliers voire de millions de personnes. La psychiatre Catherine Bensaid croit que nous avons une mémoire trans-générationnelle qui influe sur chacun de nos actes : nous sommes ainsi conditionnés à répéter certains comportements identiques à ceux de nos ancêtres, à perpétuer à notre insu un mode de pensée emprunté à ceux qui nous ont précédés. Est-ce là ce que d'aucuns appellent le destin? Ajoutons que l'historien et académicien français Georges Duby était convaincu que : « Nous vivons encore portés par tout ce que nos ancêtres très lointains ont fait et pensé.»



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La généalogie en 2013

          La généalogie est l’un des passe-temps les plus populaires des temps modernes. Sa pratique est maintenant renforcée par de nouveaux outils : l’informatique et l’Internet. Dans de nombreux cas, au Québec, on peut dresser une généalogie patrilinéaire en 24 heures. La généalogie est le sujet le plus populaire sur Internet, après le « sexe ».

 

          La généalogie remonte presque au début de l'humanité. La bible en traite d'ailleurs abondamment tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau. L'histoire de la Grèce antique est aussi remplie de préoccupations généalogiques. Il y a entre les dieux et les hommes un lien généalogique ininterrompu : Héraclès, fils adultérin de Zeus et d'Alcmène, cette dernière simple mortelle et fille du roi Mycènes, était le demi-frère d'Artémis et d'Apollon.

 

          Dans le Nouveau Testament, les évangélistes Luc et Mathieu essaient de démontrer, bien malhabilement, que Jésus a réalisé la promesse des écritures, faite jadis au roi David par l'intermédiaire du prophète Natan qui disait que le roi sauveur attendu devait être un descendant de David. Ils font ainsi une généalogie de Jésus qui établit l'ascendance de Joseph, son père, jusqu'à Adam pour le premier, et à Abraham pour le second. Mais voilà, si Joseph est le géniteur de Jésus, le dogme de la virginité de Marie ne devient-il pas caduc ?

 

          La généalogie est très populaire au Québec parce que les lois françaises se sont longtemps appliquées. Il faut savoir que dès 1539 le royaume de France a ordonné (Villers-Cotterêts) la tenue, par les curés, de registres de baptêmes et de sépultures, puis de mariages. Ainsi, trouve-t-on, au Québec, des registres d’état civil bien conservés qui remontent au premier tiers du XVIe siècle. Or, comme les actes de mariage contiennent les noms et prénoms des parents des mariés, il est donc facile de retrouver les ancêtres d’une famille. D’autant plus qu’au Québec, la femme a toujours conservé son patronyme dans les actes officiels.famille-turgon.jpg

 

          Tous peuvent avoir accès à ces registres, des débuts de la colonie jusqu’en 1941. Il faut savoir que tous les registres catholiques d’état civil du Québec, et une partie des registres de l’Ontario français ont été microfilmés dans les années 1940 et 1950, par l’Institut de généalogie Drouin, puis ont été numérisés il y a quelques années. Tous les actes du Québec ancien (début à 1800) ont même été indexés dans le Programme de recherche en démographie historique (PRDH). De plus, environ 80 p. 100 des actes de mariages célébrés au Québec, du début de la colonie à aujourd’hui, sont relevés dans une base de données appelée BMS 2000.

 

          On trouve de nombreux dictionnaires généalogiques dans nos bibliothèques publiques. Mais les instruments les plus pointus se trouvent dans les sociétés de généalogie locale. Celle de l’Outaouais se trouve à la Maison de la culture de Gatineau http://www.genealogieoutaouais.com/ Pour en devenir membre, il faut verser une cotisation d’une trentaine de dollars par année.

 

          Mais de nombreuses banques de données se trouvent aussi sur Internet et peuvent être consultées contre une somme modique. C’est le cas de celle de BMS 2000 et du PRDH (http://www.genealogie.umontreal.ca/fr/), par exemple. De nombreuses sociétés généalogiques mettent aussi leurs bases de données sur la toile. On peut même faire des recherches d’actes d’état civil et obtenir une copie d’un acte original dans la base de données Ancestry.ca (http://www.ancestry.ca/). Cette base de données est même disponible en… français.

 

          Certaines bases de données vous permettent même d’en connaître plus sur vos ancêtres. Par exemple, vous aimeriez savoir si votre arrière-grand-père a participé à la Grande Guerre comme soldat canadien. Eh bien, vous pouvez consulter la base de données des soldats de la Première guerre mondiale de Bibliothèque et Archives nationales du Canada (BAC) (http://www.collectionscanada.gc.ca/base-de-donnees/cec/001042-100.01-f.php).

 

          Dans cet outil fabuleux qu’est l’Internet, on trouve une banque de données mondiale, GÉNÉANET (http://www.geneanet.org/) qui est… gratuite, car elle contient d’abord les données de tous ceux et celles qui veulent partager leurs données généalogiques. Ainsi, cette banque de données recense-t-elle pas moins de 331 245 556 individus !

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