La généalogie en 2013

          La généalogie est l’un des passe-temps les plus populaires des temps modernes. Sa pratique est maintenant renforcée par de nouveaux outils : l’informatique et l’Internet. Dans de nombreux cas, au Québec, on peut dresser une généalogie patrilinéaire en 24 heures. La généalogie est le sujet le plus populaire sur Internet, après le « sexe ».

 

          La généalogie remonte presque au début de l'humanité. La bible en traite d'ailleurs abondamment tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau. L'histoire de la Grèce antique est aussi remplie de préoccupations généalogiques. Il y a entre les dieux et les hommes un lien généalogique ininterrompu : Héraclès, fils adultérin de Zeus et d'Alcmène, cette dernière simple mortelle et fille du roi Mycènes, était le demi-frère d'Artémis et d'Apollon.

 

          Dans le Nouveau Testament, les évangélistes Luc et Mathieu essaient de démontrer, bien malhabilement, que Jésus a réalisé la promesse des écritures, faite jadis au roi David par l'intermédiaire du prophète Natan qui disait que le roi sauveur attendu devait être un descendant de David. Ils font ainsi une généalogie de Jésus qui établit l'ascendance de Joseph, son père, jusqu'à Adam pour le premier, et à Abraham pour le second. Mais voilà, si Joseph est le géniteur de Jésus, le dogme de la virginité de Marie ne devient-il pas caduc ?

 

          La généalogie est très populaire au Québec parce que les lois françaises se sont longtemps appliquées. Il faut savoir que dès 1539 le royaume de France a ordonné (Villers-Cotterêts) la tenue, par les curés, de registres de baptêmes et de sépultures, puis de mariages. Ainsi, trouve-t-on, au Québec, des registres d’état civil bien conservés qui remontent au premier tiers du XVIe siècle. Or, comme les actes de mariage contiennent les noms et prénoms des parents des mariés, il est donc facile de retrouver les ancêtres d’une famille. D’autant plus qu’au Québec, la femme a toujours conservé son patronyme dans les actes officiels.famille-turgon.jpg

 

          Tous peuvent avoir accès à ces registres, des débuts de la colonie jusqu’en 1941. Il faut savoir que tous les registres catholiques d’état civil du Québec, et une partie des registres de l’Ontario français ont été microfilmés dans les années 1940 et 1950, par l’Institut de généalogie Drouin, puis ont été numérisés il y a quelques années. Tous les actes du Québec ancien (début à 1800) ont même été indexés dans le Programme de recherche en démographie historique (PRDH). De plus, environ 80 p. 100 des actes de mariages célébrés au Québec, du début de la colonie à aujourd’hui, sont relevés dans une base de données appelée BMS 2000.

 

          On trouve de nombreux dictionnaires généalogiques dans nos bibliothèques publiques. Mais les instruments les plus pointus se trouvent dans les sociétés de généalogie locale. Celle de l’Outaouais se trouve à la Maison de la culture de Gatineau http://www.genealogieoutaouais.com/ Pour en devenir membre, il faut verser une cotisation d’une trentaine de dollars par année.

 

          Mais de nombreuses banques de données se trouvent aussi sur Internet et peuvent être consultées contre une somme modique. C’est le cas de celle de BMS 2000 et du PRDH (http://www.genealogie.umontreal.ca/fr/), par exemple. De nombreuses sociétés généalogiques mettent aussi leurs bases de données sur la toile. On peut même faire des recherches d’actes d’état civil et obtenir une copie d’un acte original dans la base de données Ancestry.ca (http://www.ancestry.ca/). Cette base de données est même disponible en… français.

 

          Certaines bases de données vous permettent même d’en connaître plus sur vos ancêtres. Par exemple, vous aimeriez savoir si votre arrière-grand-père a participé à la Grande Guerre comme soldat canadien. Eh bien, vous pouvez consulter la base de données des soldats de la Première guerre mondiale de Bibliothèque et Archives nationales du Canada (BAC) (http://www.collectionscanada.gc.ca/base-de-donnees/cec/001042-100.01-f.php).

 

          Dans cet outil fabuleux qu’est l’Internet, on trouve une banque de données mondiale, GÉNÉANET (http://www.geneanet.org/) qui est… gratuite, car elle contient d’abord les données de tous ceux et celles qui veulent partager leurs données généalogiques. Ainsi, cette banque de données recense-t-elle pas moins de 331 245 556 individus !