Boucherie à Courcelette - 1916

          Au mois de septembre dernier (2016), je me suis rendu à Courcelette, dans le département de la Somme en France pour voir les lieux cimetière où se sobt battu les soldats du 22e bataillon devenu depuis le Royal 22e régiment

          Au cours de la guerre 1914-1918, la bataille de la Somme (France) a fait rage durant plus de quatre mois (1er juillet au 18 novembre 1916) et aura entraîné plus d’un million de pertes chez les Alliés et les Allemands. Les Canadiens, qui se trouvaient à l’origine dans le secteur d’Ypres, avaient raté les premiers mois de combat, mais ils sont arrivés dans la Somme début de septembre 1916.

          Le 15 septembre, trois divisions du Corps expéditionnaire canadien lancent une attaque sur les lignes ennemies pour capturer les ruines restantes du village de Courcelette défendu par les Allemands. Deux nouvelles armes vont aider les troupes dans leur assaut. Plutôt que d’attendre, comme cela se faisait auparavant, la fin des bombardements de leur artillerie avant de charger au travers de la zone séparant les lignes avancées des deux camps, les Canadiens progressent derrière un barrage d’artillerie « roulant » qui s’enfonce régulièrement dans les lignes allemandes, maintenant les soldats ennemis dans leurs abris, jusqu’à être au contact de l’adversaire, prêts à engager le combat.

          La deuxième nouveauté est le char d'assaut. Six tanks participent à la bataille de F;ers-Courcellete (un char supplémentaire est gardé en réserve). Bien que lents, lourds et difficiles à manœuvrer, ces chars, immenses et imposants, constituent une arme psychologique efficace contre les Allemands. L’équipage de chacun d’entre eux est composé d’un officier et de sept hommes. Cinq fantassins sont également affectés à chaque engin, avec pour mission de débarrasser les victimes susceptibles d’entraver la progression du véhicule.Courcelette

          S’il est vrai qu’aucun de ces chars, sauf un, ne réussit à atteindre ses objectifs — soit en raison d’une panne mécanique, soit parce qu’il se retrouve immobilisé, incapable de poursuivre sa route, soit parce qu’il est frappé par un tir de mortier —, il n’en demeure pas moins qu’ils sèment la terreur dans les rangs ennemis et poussent un certain nombre d’Allemands à se rendre à leur seule vue. Courcelette est prise par le Corps expéditionnaire canadien le premier jour de l’assaut — l’une des rares victoires alliées sur la Somme — au prix de milliers de victimes canadiennes.

          Le lieutenant-colonel Louis-Thomas Tremblay commente cette opération, la première d'envergure à laquelle participe le 22e, en ces termes: «Nous comprenons très bien que nous allons à l'abattoir. La tâche paraît presque impossible avec si peu de préparation dans un pays et sur un front que nous ne connaissons pas du tout. Cependant, le moral est extraordinaire et nous sommes déterminés à montrer que les Canadiens ne sont pas des lâcheurs.» Le 22e bataillon réussit à prendre Courcelette. Tremblay avouera: « Si l'enfer est aussi abominable que ce que j'ai vu à Courcelette, je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi d'y aller.»

          Les pertes occasionnées par la bataille de Flers-Courcelette sont lourdes pour les troupes canadiennes. À lui seul, le 22e bataillon aura perdu, à Courcelette, 776 hommes sur les 900 qui le composaient avant le combat.

          Que reste-t-il, à Courcelette, de ces soldats canadiens-français qui sont morts au combat ? Rien ou presque. Un monument a bel et bien été élevé en mémoire des soldats morts au cours de la bataille de Flers-Courcelette, mais le souvenir des hommes du 22e n'y est aucunement évoqué. Sur le monument, on peut lire le texte suivant :

           L'ARMÉE CANADIENNE PRIT UNE PART GLORIEUSE À LA RUPTURE DU FRONT ALLEMAND SUR CES CÔTES PENDANT LA BATAILLE DE LA SOMME 3 SEPT.-18 NOV. 1916

       Aucune mention du 22e bataillon n'apparaît dans ce lieu commémoratif dont le terrain a été cédé par la France. Ce bataillon n'aurait pas existé, n'aurait pas combattu, son n'aurait été guerre différent dans le Mémorial canadien de Courcelette. Cela m'a rappelé cette réplique de ma mère quand, adolescent, j'avais pensé m'engager dans l'Aviation royale canadienne : « Je n'ai pas fait des enfants pour en faire de la chair à canon ! » Comme elle avait raison.

Sources :

http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/la-bataille-de-courcelette/
Bilan du siècle, http://www.bilan.usherb.ca/bilan/pages/evenements/248.html
PÉPIN, Carl, Le blogue de Carl Pépin, https://carlpepin.com/2009/03/16/quand-le-22e-bataillon-canadien-francais-se-fit-massacrer-la-bataille-de-cherisy-ou-la-memoire-quebecoise-impossible/
L'Encyclopédie canadienne, http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/la-bataille-de-courcelette/
Mémorial canadien à Courcelette.

 
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