Histoire du Québec

L'hiver au temps de jadis

         Ah ! l’hiver ! On dirait que depuis une trentaine d’années les Canadiens ne sont plus adaptés à cette saison ; un grand nombre va le passer qui en Floride qui à Cuba ou à la Martinique. Aujourd’hui, 15 cm de neige constitue une… tempête et pendant cinq mois c’est à qui « chialera » le plus fort. Sommes-nous devenus des mésadaptés saisonniers ? Des « moumounes » ?

        Une forte portion de la population ottavienne et outaouaise ne cesse de maugréer contre l’hiver à la suite d'une tempête de neige. Les journaux sont remplis de lettre des lecteurs qui se plaignent du retard dans le déneigement des rues, d’autres grognent contre les temps froids pendant que des centaines de milliers de snowbirds fuient le pays. J’ai même vu une lettre dans laquelle le signataire demandait à la ville de Gatineau de faire en sorte que ses équipes de déneigement entrent en action avant le début d’un tempête. Pourquoi faire ? Attraper les flocons de neige au vol avant qu’ils ne touchent terre ?

Le temps des adaptations

        Les Amérindiens étaient fort bien adaptés à l’hiver canadien et rapidement, les premiers arrivants européens ont adopté leurs modes de transports et vestimentaires : pensons au toboggan, à la traîne qui servait à transporter du bois ou des marchandises, aux raquettes, aux lunettes de soleil (simples planchettes perforées d’une fente pour diminuer les effets de la réverbération du soleil sur la neige), au parka en peau d’original, d’ours ou de caribou, aux mitasses, aux mocassins et aux chapeaux en poil pour se protéger du froid.Quebec hiver 001

        Les Européens comprennent fort vite que la construction de maisons en pierre comme en Europe répond mal aux nécessités locales, parce que les pierres, gardant le froid, il se forme sur elles un frimas qui transmet une fraîcheur malsaine ; la maison est alors difficile à chauffer. Les colons saisissent alors qu’il vaut mieux construire les maisons en bois avec des toitures à haut grenier pour supporter le poids de la neige. Ensuite, le colon remplace le foyer par le poêle, qui devient l’âme de la maison canadienne, parce que la fonte et la tôle répandent mieux la chaleur (surtout si le tuyau de fumée conduisant à la cheminée courait dans la maison).

        À leurs souliers, les Québécois mettent des grappins sinon il serait presque impossible de gravir les côtes de la Vieille Capitale. Et puis, pendant les longues veillées d’hiver, les Canadiens profitent de l’arrêt des grands travaux pour s’amuser de Noël jusqu’au Mardi gras.

Maudit hiver !

        Il y a toujours eu des personnes pour grogner contre l’hiver. Déjà au XVIIe siècle, le baron de Lahontan écrivait dans son journal : « Je ne puis vous rien dire encore de ce païs, si ce n’est qu’il y fait un froid à mourir. » Mais tous ne voient pas cette saison du même œil. Le père Paul Le Jeune trouve des qualités à l’hiver. Il écrit, en 1632-1633 : « Voicy les qualitez de l’hyver, il a esté beau & bon, & bien long. Il a esté beau, car il a esté blanc comme neige, sans crottes & sans pluye…Il a esté bon, car le froid y a esté rigoureux… Il y avoit par tout quatre ou cinq pieds de neige, en quelques endroicts plus de dix, devant notre maison une montagne.

        Dans la mémoire populaire. les hivers d’antan sont toujours plus rudes que les hivers contemporains, et ce, depuis toujours. Ainsi, en avril 1721, le père Pierre François-Xavier de Charlevoix écrit : « On a beau dire que les hyvers ne sont plus aussi rudes, qu’ils l’étoient il y a quatre-vint ans, & que, selon toutes les apparences, ils s’adouciront encore dans la suite… » On avait oublié que l’hiver de 1667-1668 avait été pluvieux et doux à tel point qu’en février 1668 on naviguait en canot sur le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Lévis !

L'hiver outaouais

        L’Outaouais n’est pas tellement différent du reste du Québec. En 1884, il est tombé pas moins de 5 mètres (16½ pieds) de neige sur la région, l’année suivante, 3½ mètres (11½ pieds). Mais en 1881-1882, il est tombé 17 pieds de neige sur la ville de Québec. Pourtant, on ne relève guère de plaintes dans les journaux du temps, même si la machinerie pour déblayer les rues est inexistante. On tape la neige dans la rue au moyen d’un rouleau. Il arrive évidemment un moment où il faut bien la ramasser. On embauche des hommes qui l’enlèvent à la pelle et la mettent dans un tombereau qui déverse son chargement dans la rivière. Il faut aussi nettoyer les rues du crottin des chevaux et les enfants d’Ottawa donnent à ces hommes le nom évocateur de « crottes-knockers », parce qu’ils frappent à l’aide d’un bâton les pommes de routes gelées pour les amasser en un même endroit.

 Hiver quebec 002       L’hiver de 1905 est tellement dur, qu’à la suite d’une tempête qui souffle pendant 3 jours et aggravée par de forts vents, certains chemins de la région sont couverts de pas moins de… 3 mètres de neige ! Mais la pire tempête enregistrée au Québec est celle des 17 et 18 janvier 1827 : en 48 heures, il est tombé près de 2 mètres de neige sur Montréal. Mais le 2 février 1903, il n’y avait pas un millimètre d’épaisseur de neige dans la région ; l’hiver était fini.

        Enfin, c’est le plus souvent dans la tête que l’hiver est pénible. N’est-ce pas à partir de Noël, la plus belle fête du christianisme, que les journées commencent à s’allonger ? Noël est une promesse : celle de l’enfant qui deviendra un adulte, celle du retour de la lumière, donc d’un printemps qui succédera à l’hiver. Alléluia !

Sources :

Asticou, cahier no 38, juillet 1988.
BAnQ, procès de Jacques Bigeon, 1668.
CARLE, Pierre et MINEL, Jean-Louis, L’Homme et l’Hiver en Nouvelle-France, Montréal, Hurtubise HMH, 1972.


 

Sacrer comme un charretier (suite)

 Les condamnations     

           Aussi loin que nous remontions dans l’histoire depuis Jésus-Christ, nous constatons des peines très sévères pour punir les blasphémateurs. Par exemple, en 538 ou 539, l’empereur d’Orient, Justinien, ordonnait d’arrêter les blasphémateurs et de les soumettre aux derniers supplices, c’est-à-dire rien de moins que la peine de mort !

          En France, le blasphème était puni si sévèrement (jusqu’à la mutilation comme le percement de la langue ou aux galères) que les Français ont trouvé le moyen de transformer leurs jurons pour échapper à la justice du roi. Par exemple, mort à Dieu est devenu morbleu, tort à dieu a été transformé en tornom.

          En Nouvelle-France, dès 1621, les officiers coloniaux ont demandé au roi l’application rigoureuse de lois contre «  […] le blaspheme & autres crimes déjà trop familiers entre quelques François habitants en la dite terre. » Le 29 décembre 1635, on pose sur un pilier en face de l’Église à Québec des « Affiches & défenses, sur certaines peines ; de blasphemer, de s’enyvrer […] » Puis on a attaché au même pilier un carcan et un chevalet.

          Le premier cas recensé de châtiment pour blasphème en Nouvelle-France remonte à 1636 quand un homme a été condamné au cheval de bois pour ivrognerie et blasphème. Dix ans plus tard (15 février 1646), un domestique de M. Couillard, reconnu coupable de blasphémer en public, est mis sur le chevalet (les pieds alourdis de boulets de canon). En 1668, Jean Ronceray est convaincu d’avoir blasphémé en présence d’un membre du clergé. On lui ordonne alors de demander pardon à genoux à Dieu, à l’évêque et à l’abbé en question puis il est attaché au carcan de la basse-ville de Québec pendant sept heures (les habitants pouvaient alors lui lancer des œufs et des ordures). Pour crime de blasphème, Jacques Bigeon passe trois semaines en prison et doit payer dix livres d’amende (à peu près dix pour cent de son revenu annuel).Sacres 1

En Outaouais

          L’Outaouais a longtemps été une région riche en chantiers forestiers, ce qui en a fait un haut lieu du sacre. Comme ailleurs au pays, les autorités ont bien tenté d’enrayer cette mauvaise habitude. Par exemple, en 1909, à Hull, une certaine dame Larmouth est accusée d’avoir blasphémé dans sa demeure, rue Champlain, par des passants qu’ils l’ont entendue. Pour se défendre, la dame déclare, et je cite : « les paroles que j’ai prononcées étaient pour mon fils que je suis en train d'élever ! » Madame Larmouth a été condamnée, le 22 décembre 1909 à un mois de prison. Le recorder Desjardins a cependant suspendu la sentence sur la promesse de l'accusée de peser plus sur ses paroles à l'avenir.

          Notons que les autorités ont puni les blasphémateurs jusqu’à tout récemment. En 1971, pas moins de 126 d’entre eux se sont vus officiellement poursuivis au Québec pour avoir sacré et blasphémé.

          Dans son Guide raisonné des jurons publié en 1980, Jean-Pierre Pichette conclut que le juron est devenu « le pain quotidien de certains chefs syndicalistes et la manie malencontreuse de certains députés provinciaux. Il ne nous manque plus que le point d’exclamation auprès de la fleur de lis et l’adoption d’une sorte de Ronde des jurons [Georges Brassens, Plume Latraverse] comme hymne national. » Enfin, on trouve sur Internet une « Liste non officielle des sacres québécois » et la façon de les employer au cas il où resterait encore quelqu’un qui ne saurait comment faire !

Pour en savoir plus :

Lapointe Ghislain, Les mamelles de ma grand-mère les mamelles de mon grand-père, Montréal, éd. Québécoises, 1974.
Pichette, Jean-Pierre, Le guide raisonné des jurons, Montréal, Les quinze éditeur, 1980 ; Le Temps (Ottawa) décembre 1909.

 

Sacrer comme un charretier

          Il y a longtemps que nous jurons au Québec, mais jamais, semble-t-il, autant qu’en ce début de XXIe siècle. Il est vrai que nous avons eu des ancêtres portés sur les jurons. Le roi de France, Henri IV lui-même, jurait abondamment. Son juron préféré : jarnidieu pour je renie Dieu (transformé en jarnicoton). Et que dire de Rabelais (1494-1553), cet auteur français qui, dans ses écrits, a été, avec plus de talents, le précurseur de certains humoristes québécois ? Son personnage, Gargantua, jurait avec régularité en disant reniguebieu, c’est-à-dire je renie Dieu.

          Sous l’impulsion des hommes de chantier, qui organisaient souvent des concours de sacres, les blasphèmes d’origine française se sont transformés le plus souvent en inventaire d’objets liturgiques. Les jarnidieu et les Que le diable torde mon âme au bout d’un piquet sont devenus des câlisses et des tabarnaques. PancarteLes hommes de chantier et les charretiers n’avaient-ils pas la réputation d’être les plus grands « sacrards » de notre société ? D’ailleurs, on disait : « Sacrer comme un charretier ».

          Généralement parlant, on n’osait pas sacrer en présence des enfants (pour éviter le scandale), des femmes (par délicatesse) ni de ses contremaîtres ou de ses parents. Les hommes ne juraient qu’au bureau, au chantier, à la taverne. Pour les adolescents, sacrer c’était « faire son homme ».

Des campagnes contre le blasphème

          L’auteur-historien Édouard-Zotique Massicotte (1867-1947) disait qu’avec les Irlandais, les Canadiens-Français détenaient facilement « le record dans ce genre de sport linguistique ». En 1919, le président de la Société historique de Montréal, Victor Morin, allait plus loin : « On punissait les blasphémateurs en leur coupant la langue jusqu’à la racine ; on n’oserait le faire aujourd’hui par crainte de rendre toute une génération muette. »

          Dès 1922, on lance des campagnes contre le blasphème. On répand en même temps une foule d’images pieuses et d’affiches avec des slogans que l’on pose partout : « Seuls, l’idiot et l’ignorant sacrent et blasphèment. » Ces campagnes sont un lamentable échec. Et dans les années 1940, c’est au tour des femmes et des filles, qui remplacent alors les hommes dans les usines pendant toute la guerre, de ponctuer leur conversation de sacres.

          La littérature s’est emparée, dès les années 1960, des sacres à la mode. Les câlisses, crisses et tabarnacles farcissent les Salut Galarneau ! (Jacques Godbout), Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay, etc. Puis le monde du spectacle se met lui aussi à s’en nourrir abondamment : pensons à l’Ostid ’show .

          Le monde de la politique n’est pas en reste : le 27 octobre 1970, le député libéral Louis-Philippe Lacroix s’attaque aux journalistes au moment de la Crise d’octobre : « Les câlices de journalistes qui sont allés en France sont tous des crisses de séparatistes ». On sacre aussi en anglais, mais le ministre Jean-Luc Pépin affirme, le 26 septembre 1972 : « le premier ministre Trudeau devrait proférer ses jurons en français pour ne pas offenser les anglophones. » Excusez pardon ! Enfin, les humoristes, la radio et la télévision s’en emparent et en font leurs choux gras tous les jours sur les ondes publiques avec l’approbation du CRTC.

            Comme nous sacrons beaucoup, cela démontrerait que nous nous reconnaissons dans nos éléments religieux : le juron a une saveur de défi. Quand ça va mal, quand on ne sait plus à qui s’en prendre, on ne défie plus les hommes, mais l’Église et Dieu lui-même ! Savez-vous qu’en France, les blasphèmes ont presque disparu avec la débâcle du christianisme commencée à la Révolution ? Ils ont été remplacés par « merde » et « putain de merde » !

À SUIVRE

En attendant la suite, je vous invite à écouter Jacques Labrecque, Monsieur Guindon, à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=xrGj4BWC27s

La catastrophe de 1870

          La tragédie de Fort McMurray, en Alberta, a eu son pendant au Québec en 1870. Cette année-là, le printemps et l’été sont exceptionnellement chauds partout dans la province. Dès le mois de mai, des incendies se déclarent dans les forêts du canton de Templeton. Au mois de juin, il fait si chaud que le thermomètre atteint la température record de 40°C en Outaouais. En juillet, la sécheresse est telle que de nombreux incendies éclatent spontanément dans les forêts entourant les villages d'Aylmer et de Hull, ainsi que la ville d'Ottawa. Les incendies prennent une ampleur sans précédent et, dans la dernière quinzaine de juillet, une fumée épaisse recouvre les agglomérations urbaines citées. Des feuilles brûlées et des petits morceaux de bois calciné tombent sur les toits des maisons, risquant à tout instant de mettre le feu. La fumée rougit les yeux des habitants et son odeur imprègne maisons et vêtements. Heureusement, une bonne pluie réduit la virulence de l'incendie.

          À la mi-août, un autre incendie de forêt gigantesque menace Hull et Ottawa encore une fois. Il a éclaté sur les bords du lac Constance, à 25 kilomètres à l'ouest d'Ottawa. Sous la poussée du vent, les flammes traversent la rivière des Outaouais pour s'attaquer à la forêt des environs de Breckenbridge, près d'Aylmer. Feu de foretLa population épouvantée abandonne tout derrière elle, se précipite vers la rivière et souvent dans la rivière pour échapper aux flammes. Maisons, récoltes, bestiaux, tout est détruit, brûlé, calciné. Le feu court avec la rapidité du vent vers Hull et Ottawa.

Des villages détruits

          Le 16 août, le village de Bell's Corner, en banlieue d'Ottawa, est rasé par le feu. Trois jours plus tard, on rapporte qu'à Chelsea, un million et demi de mètres de planches ont brûlé aux scieries Gilmour. Deux jours plus tard, le feu sévit à cinq kilomètres de Hull. Plus de 1 500 employés des scieries Eddy, Bronson, Perly, Pattee et Johnston interrompent leurs travaux pour empêcher le terrible fléau d'atteindre le village de Hull. La course des flammes ne semble pas vouloir s'arrêter. Le village de Chelsea brûle, suivi de celui de Rafting Ground (aujourd'hui Cascades). Puis, le feu s'attaque à la cinquantaine de maisons qui composent le petit village minier d'Ironside (ch, Freeman et boul. St-Joseph à Hull connu maintenant sous le nom Le vieux port), situé à trois kilomètres de Hull seulement. Les deux rives de la Gatineau flambent. Plusieurs personnes, dont on n'a jamais réussi à déterminer ni l'identité ni le nombre, n'ont pas le temps de se mettre à l'abri ; elles succombent à la voracité de la conflagration.

          Au même moment, une bonne partie du ciel du Québec est obscurcie par une fumée dense. Au Lac-Saint-Jean et au Saguenay, les incendies de forêt déferlent sur plus d’une dizaine de villages qui seront rayés de la carte. Les forêts de la Gaspésie, de la Côte Nord, de l’Ungava et de la Mauricie brûlent. Le feu ravage l’Outaouais de toute part. Les cantons de Templeton et de Buckingham sont dévastés par les flammes qui projettent des brandons haut dans le ciel et que le vent fait retomber sur le village de Hull et la ville d’Ottawa. En Ontario, les soldats freinent le progrès des flammes en ouvrant la digue Saint-Louis (Hog’s Back) près du canal Rideau : 125 hectares de terres sont inondés. Les familles des campagnes se réfugient par centaines à Ottawa. Sur le chemin Richmond, 2 000 réfugiés, dans le plus total dénuement, se dirigent vers Ottawa. Seul un miracle, croit-on, sauvera Hull, Pointe-Gatineau et Ottawa de la destruction.

Combien de victimes ?

          Enfin, le 20 août, à une heure du matin, un groupe d'hommes rompus à la lutte contre l'incendie débarquent à la gare d'Ottawa pour prêter main-forte à la population outaouaise. Ce groupe est composé d'Alfred Perry, inspecteur du feu de la Feu de foret biscompagnie d'assurances Royal de Montréal, et de plusieurs pompiers de la ville de Montréal qui ont apporté avec eux la pompe à incendie à vapeur Union. Dès le lever du jour, ces hommes se rendent à Chelsea pour combattre l'incendie devenu incontrôlable.

          Les agglomérations de Hull et Ottawa sont une nouvelle fois complètement enveloppées par une épaisse fumée grise qui cache le soleil à la vue de la population. Enfin, avec l'aide des pompiers de Montréal et de plusieurs centaines de personnes venues des environs de Hull, les Hullois creusent un coupe-feu dans la campagne avoisinante. Le vent cesse soudainement de souffler et l’incendie, qui n'a plus rien à consumer, s'éteint enfin.

          Combien de personnes sont mortes dans ces gigantesques incendies ? Combien de bâtiments ont été détruits ? Nous le savons pas, parce qu'à cette époque on tenait peu de statistiques et que les journalistes n'étaient pas assez nombreux pour couvrir l'ensemble du Québec.

Sources :

Les divers journaux d'Ottawa et du Québec.

Noël d'antan

          Noël est devenue la grand-messe du capitalisme triomphant, la fête de la consommation et des caisses enregistreuses. Ça n’a pas toujours été le cas : Noël a déjà été une fête essentiellement religieuse, familiale, une fête d’amour empreinte de fraternité. Retour sur Noël et le temps des fêtes de jadis.

          Noël, cette fête qui s’est répandue sur toute la planète ou presque, en perdant sa raison d’être, remonte au IVe siècle de notre ère. À cette époque, les Romains célébraient dans la débauche, vers le 25 décembre, au moment du solstice d’hiver, le culte de Mithra, divinité d’origine persane importée par les légionnaires. Mithra était la divinité du « soleil invaincu ».

          À partir du IIe siècle, les chrétiens tentent de déterminer le jour date de la naissance de Jésus. En 354, le pape Libère choisit la date du 25 décembre pour commémorer la naissance de Jésus « le soleil de justice ».

          Jusqu’au XIIe siècle, la grande fête de l’année chez les chrétiens n’est pas Noël,Noel antan messe mais Pâques, car le christianisme du Moyen Âge est avant tout un « christianisme de printemps », c’est-à-dire celui de la résurrection, de la renaissance. En Orient, les chrétiens ont poussé la réflexion sur la nativité et les Occidentaux rapportent des images illustrant la nativité. Petit à petit, il se fait un retournement au profit de Noël qui souligne l’incarnation de Jésus. La tradition de la crèche commence à apparaître ; elle s’inspire de l’évangile de Luc et serait l’œuvre de saint François d’Assise.

          Au XIXe siècle, on se prépare fébrilement à fêter Noël, car par delà la commémoration de la naissance de Jésus, la fête de Noël est le début d’une période de réjouissances qui ne se terminera qu’avec le Mardi gras. Les semaines précédant Noël, les femmes de la maison cuisinent : beignes, galettes à la mélasse, pâtés, tartes, tourtières, viandes, alors que les hommes coulent le vin de cerise, réduisent le whisky et préparent le caribou.

Les trois chandelles

          On attend la messe de minuit en famille. Dans certaines maisons, on allume trois chandelles : une pour les morts, une pour les vivants et une autre pour les enfants à naître. Une heure ou deux avant la messe de minuit, on quitte la maison en berlot, cutter ou à pied, pour se rendre à l’église. Imaginez-vous ce trajet effectué au son des grelots, le crissement des lisses ou des pas sur la neige durcie, le scintillement des étoiles ou, la neige qui tombe en flocons... et la caresse des fourrures sur les joues !… Certaines nuits de Noël peuvent effectivement porter à l’émerveillement. À la campagne, au village, en ville même, tous les chemins, toutes les rues semblent mener à l’église qui est éclairée comme jamais. Trois messes sont alors dites : la messe de minuit proprement dite, avec le fameux Minuit chrétien, la messe de l’aurore et celle du matin.

 Noel antan         Pendant que la famille se recueille à l’église, des femmes restées à la maison préparent le réveillon. Au retour à la maison, on prête attention aux bruits de l’étable, car une vieille légende veut que les animaux se parlent la nuit de Noël.

          Pas de cadeaux à Noël : on mange, on rit au milieu de la nuit. Puis, on va se coucher à l’aube. Le reste de la journée se passe en famille, souvent à chanter.

          Pendant la semaine qui suit Noël, la routine journalière reprend place sauf pour les affaires d’Église. Le curé visite chacun de ses paroissiens et procède à la « quête de l’Enfant Jésus », accompagné de trois marguilliers.

Sources :

Lacoursière, Jacques, Histoire populaire du Québec, éd. cédérom.
Provencher, Jean, Les quatre saisons dans la vallée du Saint-Laurent, Montréal, éd. du Boréal, 1988.
Souvenirs personnels.

Il y a 350 ans : arrivée du régiment de Carignan

1665. La Nouvelle-France, qui ne compte que 3 200 habitants, est en péril, car elle peine à se défendre contre les attaques des  Iroquois. Son développement est compromis. C'est ainsi que Louis XIV daigne venir à l'aide de sa colonie américaine en y faisant parvenir des troupes régulières.

          C'est ainsi qu'il envoie à Québec 20 compagnies de 50 hommes du régiment de Carignan Soldat carignancommandé par le colonel Henri de Chastelard de Salières et 4 compagnies, tirées de la Martinique, commandées par le lieutenant-général des colonies l'Amérique septentrionale, Alexandre de Prouville de Tracy. Ces compagnies appartiennent aux régiments de Lignières, de Chambellé, de Poitou et d'Orléans.

          Les quatre premières compagnies du régiment de Carignan arrivent à Québec à compter du 19 juin sur le navire le Vieux Siméon, les autres au mois d'août et au mois de septembre suivant. Entre temps, le marquis de Tracy est arrivé en Nouvelle-France le 30 juin.

          Jamais la petite colonie n'avait vu autant de soldats, autant de navires en si peu de temps. Dès la fin août, des soldats sont envoyés construire des forts le long de la rivière Richelieu. C'est ainsi qu'apparaissent les forts Sorel, Chambly, Saint-Jean, Sainte-Thérèse et Sainte-Anne.

          À l'automne, les compagnies sont réparties comme suit :

8 à Québec
5 à Montréal
3 à Trois-Rivières
1 à l'Île d'Orléans
2 à Fort Richelieu
2 à Fort Saint-Louis
3 à Fort Sainte-Thérèse

          En quelques semaines, la petite colonie française modifie sa mentalité d'assiégée en esprit offensif. C'est ainsi que les troupes françaises, appuyées de miliciens, se portent à l'attaque des Iroquois en plein hiver de 1666. Les soldats, chaussés de raquettes et tirant des « traines sauvages » tombent sur les Agniers (Mohawks) non loin de Schenectady qui s'enfuient après une escarmouche. Leur chef avait pour nom le Bâtard Flamand parce que son père était Hollandais.

  Tracy        Épuisés et près d la famine, les soldats prennent le chemine du retour. Au cours du printemps 1666, les rapports entre les Français et les Iroquois alternent entre escarmouches et tentatives de pourparler de paix. En septembre, le marquis de Tracy décide de porter un grand coup et, à la tête de 700 soldats, de 400 volontaires canadiens et d'une centaine d'alliés algonquins et hurons, il pénètre au cœur du pays iroquois. Incapable de résister à une telle force, les Iroquois se cachent dans la forêt et se rendent compte que leurs alliés anglais les ont abandonnés. Les Français brûlent quatre villages iroquois et détruisent leurs récoltes de maïs. Enfin, en juillet 1667, les Iroquois signent un traité de paix. Enfin, les colons peuvent s'établir et travailler sans crainte se long du Saint-Laurent et du Richelieu.

          Afin de peupler la colonie, le roi incite les soldats à rester en Nouvelle-France. On offre aux officiers des seigneuries et des terres aux soldats. Une trentaine d'officiers et un peu plus de 400 soldats décident de rester et 283 d'entre eux épouseront des filles du roi. Pour défendre la colonie, on garde 4 compagnies de 75 hommes chacune. Les autres compagnies retournent en France en 1667 et 1668. On estime à une soixantaine le nombres de soldats de ces troupes qui sont morts au pays ; plusieurs auraient succombé à des engelures.

Sources

CHARTRAND, René, Le patrimoine militaire canadien d'hier à aujourd'hui, 1000-1754, Montréal,éd, Art global, 1993.
Répertoire du patrimoine culturel du Québec, site Internet http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=26633&type=pge#.VjBJcSZdFN0

 

La disparition des tramways

          Pendant au moins un demi-siècle, toute ville qui se respectait avait son service de transport en commun assuré par des véhicules sur rail, les tramways. Puis, fin des années 1940, début des années 1950, ces machines sont presque toutes disparues. Pourquoi donc ? Retour sur une histoire au secret bien gardé.

          Exploités par la Ottawa Electric Company, une entreprise privée, les tramways électriques apparaissent à Ottawa en 1891 (premier réseau au pays). En 1895, son réseau s’étend sur 50 kilomètres. Cependant, l’entreprise commence éprouver des difficultés financières quand, après la Seconde Guerre mondiale, elle doit payer des taxes fédérales élevées. Bien que le nombre de passagers se maintienne, l’entreprise fait l’objet d’un nombre croissant de plaintes. La Ville d’Ottawa achète le système en difficulté en 1948, et donne naissance à la Ottawa Transportation Commission qui exploite dès lors 130 tramways. En 1959, tous les tramways sont remplacés par les autobus jugés plus rentables.

          À Gatineau, le service des tramways électriques apparaît dans les secteurs Aylmer etHull tramway rues eddy et principale Hull en 1896. Fondé par Théophile Viau, puis exploité pendant la plus grande partie de son existence par la Hull Electric Compagny, le service comprend quatre circuits et un peu plus d’une douzaine de tramways peints en vert. Les tramways sont remplacés par les autobus du Transport urbain de Hull en 1947 quand la ville refuse de prolonger le contrat signé en 1938 avec la Hull Electric.

La disparition des tramways

          Plusieurs raisons président à la disparition des tramways au Canada dans les années 1950. L’une des principales raisons, tant à Hull, à Ottawa qu’à Montréal, est l’inaptitude des entreprises privées à offrir un service de qualité, et la cupidité des actionnaires des compagnies de tramways qui trop souvent ne respectent pas les ententes passées avec les villes.

          Pendant la crise économique des années 1930, la Hull Electric Company, alors propriété de la célèbre et inassouvissable Canadian International Paper, avait demandé la permission d’augmenter ses tarifs à cause d’un déficit d’exploitation de son service de tramways. Or, une enquête démontrera que la Hull Electric n’avait jamais cessé de faire de profits bien que ceux-ci soient passés de 26,8 % à 15,1 %  de 1927 à 1931 ! Devant cette cupidité, les villes de Montréal et d’Ottawa municipaliseront leur service de tramways.

          Les années 1940 et 1950 ont vu s’établir la domination du transport par automobile. Dès 1930, le parc automobile du Québec était quatre fois plus élevé qu’en 1917. En 1960, il aura été multiplié par sept pour atteindre 1 161 599 véhicules automoteurs. L’individualisme s’exprimait de plus en plus à travers l’automobile qui est devenue la reine du transport. Aussi les villes développent-elles leur réseau routier, et ce, à des coûts faramineux. En 1945, la Compagnie de tramways de Montréal rendait publique une étude dans laquelle on relève que : « L’élargissement des rues est fréquemment avancé comme solution à la congestion de la métropole. Bien qu’une telle mesure accroisse la capacité des rues, il a été démontré qu’elle n’améliore en rien les conditions de circulation en général. » Or, ce rapport a été confirmé par des études conduites par la Ville de Villeneuve-d’Ascq (France) dans les années 1980 et par celle de l’Université Cornell (États-Unis) dans les années 2000. Ces études ont démontré qu’à chaque fois que l’ont doublait le nombre de voies de circulation automobile on ne faisait que doubler le nombre d’automobiles dans les dix ans, et ce, sans pour autant résoudre les problèmes de congestion ! L’étude de 1945 montrait qu’une voie de circulation automobile permettait d’accommoder 1 400 personnes à l’heure, alors qu’une voie de métro pouvait alors transporter 40 000 personnes à l’heure.

Leprogres hull oct1946 autobus          Malgré ces études et la pollution engendrée par les moteurs à explosion, la liberté de l’autobus, dont le trajet n’est pas astreint à des rails, séduit ; le célèbre urbaniste Jacques Gréber estimait les tramways nuisibles. À Ottawa, le rapport d’un soi-disant spécialiste du transport a alors recommandé l’abandon du tramway à cause de ses coûts d’exploitation, comparés à ceux de l’autobus, et le vieillissement des équipements. Car l’ancienne entreprise privée ottavienne, pas plus que la hulloise d’ailleurs, n’avait pas entretenu son matériel roulant qui avait vieilli. Toutefois, un rapport de la Ville de Montréal, rédigé dans les années 1930, avait démontré que pour chaque tranche de revenu de 100 dollars générés par les réseaux de transport en commun, il en coûtait 97 dollars pour les frais d’exploitation des autobus contre 73 dollars pour ceux des tramways.

Un progrès ?

          On pourrait croire que c'est une certaine vision du progrès qui l'a emporté, mais ce n'est pas le cas. De fait, des pressions occultes d’entreprises privées… De 1969 à 1974, un comité sénatorial dirigé par Bradford C. Snell a mené une enquête approfondie sur l’industrie du transport aux États-Unis. Dans ses conclusions, le rapport Snell incrimine les trois grands de l’auto – GM, Ford, et Chrysler –, ainsi que la Standard Oil of California, la Phillips Petroleum, Mack Manufacturing, Firestone et plusieurs autres compagnies dans un vaste complot qui, au cours des années 1930 et 1940, avait pour dessein de supprimer tous les réseaux électriques de transport, et ce, afin de les convertir au diesel. Ainsi, les réseaux de tramways et de trolleybus ont été démantelés dans une centaine de villes américaines et remplacés par les autobus diesel de GM.

          Ces faits, méconnus tant des Canadiens et des Étasuniens ont été si troublants que la GM a demandé et obtenu du Sénat la mise à l’index du rapport Snell. À Montréal, toutes les études et les enquêtes qui démontraient le bien-fondé du remplacement des tramways par les autobus ont été… jetées au panier. Ainsi, en dépit que le coût de l’électricité au Québec soit un des plus bas au monde, les autobus au diesel constituent la plus grande part des véhicules qui assurent le transport en commun. Cherchez l’erreur.

Sources :

BÉLANGER, Mathieu, Dehors le train, vive l’automobile, Le Droit (Gatineau-Ottawa), 27 septembre 2010.
DAGENAIS, Jean-Pierre, Ironie du char, Montréal, 1982, 208 p.
Outaouais – Le Hull industriel 1900/1960, IHRO, Hull, 1986 ; site Internet
http://www.octranspo1.com/apropos/pionniers_du_transport_en_commun/

Le Noël des années 1950

         Trois choses annonçaient Noël dans les années cinquante : la neige, la publicité dans les médias et l’avent. À cette époque, le Canada français était majoritairement catholique et pratiquant. Le temps de l’avent s’échelonne sur quatre dimanches et a pour objectif de faire de ces semaines qui précèdent Noël une période d’attente patiente. Les catholiques devaient alors se préparer à Noël en faisant des « sacrifices » comme se priver de friandises, de desserts ou de danses.

         La semaine qui précédait Noël était celle des « quatre-temps ». Trois des jours de cette semaine – mercredi, vendredi et samedi – étaient consacrés au jeûne et à la prière. De l’avent, il ne reste plus aujourd’hui que le calendrier qui permet de faire le décompte jusqu’au 25 décembre.

          Dans les années cinquante, le Noël religieux est de plus en plus mis à mal par l’américanisation de cette fête qui, à l’origine, en était une d’espoir, puis d’amour. Les magasins invitent la population à venir acheter des cadeaux pour leurs proches. On attire les consommateurs au moyen de vitrines aux décorations multicolores, d’un défilé du père Noël, d’un père Noël qui accueille les enfants dans les magasins et qui écoute les demandes des enfants, ainsi que par des annonces dans divers médias.Noel voeux

         Dans la région, le père Noël élisait domicile, pendant un mois, à l’étage des jouets du magasin Freiman à Ottawa. Mais dès le mois d’octobre, Dupuis Frères, Eaton’s et Simpson’s Sears avaient distribué leur catalogue de Noël chez des milliers de famille de la région. Une grande partie de ces catalogues illustrés contenait des centaines de jouets.

         Dès la mi-novembre, on échangeait des vœux de Noël au moyen de cartes. Cette coutume, presque disparue, mais qui a atteint son apogée dans les années 1950, nous vient apparemment de France où, au XVIIe siècle, les enfants écrivaient un petit compliment ou un poème de leur plus belle main, sur une feuille de papier ornée d’une image, pour leur maître d’école ou pour leurs parents. Un homme d’affaires anglais, Henry Cole, aurait alors eu l’idée, au XIXe siècle, de fabriquer et de commercialiser des cartes de vœux en série pour Noël.

          Les cartes de vœux de Noël reçues étaient suspendues à une ficelle accrochée au mur de la cuisine ou du salon. On les comptait en se félicitant d’en avoir reçu plus que l’année précédente.

 Les décorations domestiques

          Presque toutes les familles installaient dans leur salon un sapin décoré de boules et d'ampoules lumineuses  bleues, rouges et vertes. En terre d’Amérique, c’est à Sorel qu’a été érigé en 1781, par la baronne Riedesel, épouse du général mercenaire allemand du même nom, le premier sapin de Noël décoré. Mais l’événement n’a pas eu de suite et ce n’est que dans les années 1840 que l’idée de décorer un sapin s’est répandue à travers le monde grâce aux journaux. D’abord à Paris, au jardin des Tuileries, en 1840, puis Londres en 1841. Au Québec, le sapin est devenu populaire dans le premier quart du XXe siècle.

          Pendant longtemps, la principale décoration a été la crèche, sans doute l’élément le plus touchant de la période des fêtes de fin d’année et qui suscitait le plus d’émerveillement. Venue du Moyen Âge et inspiré de l’évangile de saint Luc, cette tradition a été introduite en Amérique par les Français dès les premiers temps de la Nouvelle-France. D’abord érigée dans les églises, la crèche a commencé à pénétrer dans les maisons au XIXe siècle. Dans les années 1950, on la trouvait dans toutes les maisons du Canada français, le plus souvent placée sous le sapin, ou simplement sur un meuble. On peut aujourd’hui admirer des crèches grandeur nature à Rivière-Éternité, au Saguenay.

Noel creche          Noël se célébrait aussi en musique. D’abord avec des chants religieux. Le plus connu est sans contredit le Minuit chrétiens, composé en 1847 par Placide Cappeau et mis en musique par Adolphe Adam. Il a été chanté pour la première fois en Amérique à Noël 1858 dans l’église de Sillery. La messe de minuit était alors le moment le plus émouvant du temps des Fêtes. Le 25 décembre, tous les chemins du Canada français menaient à l’église pleine à craquer de fidèles venus célébrer la naissance d’un enfant Dieu, d’un enfant porteur d’espoirs.

         Dès les années 1930, les chansonnettes de Noël ont commencé à rivaliser avec les chants religieux grâce à la radio. Il y a eu celles de la Bolduc suivies de chansons américaines comme White Christmas, popularisée par Bing Crosby en 1942 (adaptée en français sous le titre de Noël Blanc) , qui ont remporté des succès que seul Tino Rossi, en 1946, avec Petit papa Noël, pourra égaler.

          Traditionnellement, les échanges des « étrennes », au Canada français, se faisaient au jour de l’An. Sous la pression du monde anglo-saxon, et plus particulièrement étasunien, les cadeaux seront échangés après la messe de minuit et à la suite du réveillon ou, comme aux États-Unis, le matin de Noël. C’est donc à partir des années 1950 que le Noël canadien-français a peu à peu été remplacé par le Noël des marchands, ce qui fait qu’aujourd’hui l’on voit de moins en moins de crèches sous les sapins et de plus en plus de cadeaux.

Sources :

Blais, Sylvie et Lahoud, Pierre, La fête de Noël au Québec, Les édtions de l’Homme, Montréal, 2007.
Le Droit (Ottawa), novembre et décembre 1959.
La Patrie (Montréal), novembre et décembre 1955.
Souvenirs d'enfance.

Joyeux Noël

Bonne et heureuse année 2015