Il y a 350 ans : arrivée du régiment de Carignan

1665. La Nouvelle-France, qui ne compte que 3 200 habitants, est en péril, car elle peine à se défendre contre les attaques des  Iroquois. Son développement est compromis. C'est ainsi que Louis XIV daigne venir à l'aide de sa colonie américaine en y faisant parvenir des troupes régulières.

          C'est ainsi qu'il envoie à Québec 20 compagnies de 50 hommes du régiment de Carignan Soldat carignancommandé par le colonel Henri de Chastelard de Salières et 4 compagnies, tirées de la Martinique, commandées par le lieutenant-général des colonies l'Amérique septentrionale, Alexandre de Prouville de Tracy. Ces compagnies appartiennent aux régiments de Lignières, de Chambellé, de Poitou et d'Orléans.

          Les quatre premières compagnies du régiment de Carignan arrivent à Québec à compter du 19 juin sur le navire le Vieux Siméon, les autres au mois d'août et au mois de septembre suivant. Entre temps, le marquis de Tracy est arrivé en Nouvelle-France le 30 juin.

          Jamais la petite colonie n'avait vu autant de soldats, autant de navires en si peu de temps. Dès la fin août, des soldats sont envoyés construire des forts le long de la rivière Richelieu. C'est ainsi qu'apparaissent les forts Sorel, Chambly, Saint-Jean, Sainte-Thérèse et Sainte-Anne.

          À l'automne, les compagnies sont réparties comme suit :

8 à Québec
5 à Montréal
3 à Trois-Rivières
1 à l'Île d'Orléans
2 à Fort Richelieu
2 à Fort Saint-Louis
3 à Fort Sainte-Thérèse

          En quelques semaines, la petite colonie française modifie sa mentalité d'assiégée en esprit offensif. C'est ainsi que les troupes françaises, appuyées de miliciens, se portent à l'attaque des Iroquois en plein hiver de 1666. Les soldats, chaussés de raquettes et tirant des « traines sauvages » tombent sur les Agniers (Mohawks) non loin de Schenectady qui s'enfuient après une escarmouche. Leur chef avait pour nom le Bâtard Flamand parce que son père était Hollandais.

  Tracy        Épuisés et près d la famine, les soldats prennent le chemine du retour. Au cours du printemps 1666, les rapports entre les Français et les Iroquois alternent entre escarmouches et tentatives de pourparler de paix. En septembre, le marquis de Tracy décide de porter un grand coup et, à la tête de 700 soldats, de 400 volontaires canadiens et d'une centaine d'alliés algonquins et hurons, il pénètre au cœur du pays iroquois. Incapable de résister à une telle force, les Iroquois se cachent dans la forêt et se rendent compte que leurs alliés anglais les ont abandonnés. Les Français brûlent quatre villages iroquois et détruisent leurs récoltes de maïs. Enfin, en juillet 1667, les Iroquois signent un traité de paix. Enfin, les colons peuvent s'établir et travailler sans crainte se long du Saint-Laurent et du Richelieu.

          Afin de peupler la colonie, le roi incite les soldats à rester en Nouvelle-France. On offre aux officiers des seigneuries et des terres aux soldats. Une trentaine d'officiers et un peu plus de 400 soldats décident de rester et 283 d'entre eux épouseront des filles du roi. Pour défendre la colonie, on garde 4 compagnies de 75 hommes chacune. Les autres compagnies retournent en France en 1667 et 1668. On estime à une soixantaine le nombres de soldats de ces troupes qui sont morts au pays ; plusieurs auraient succombé à des engelures.

Sources

CHARTRAND, René, Le patrimoine militaire canadien d'hier à aujourd'hui, 1000-1754, Montréal,éd, Art global, 1993.
Répertoire du patrimoine culturel du Québec, site Internet http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=26633&type=pge#.VjBJcSZdFN0